Il y a plusieurs façons d'aborder un concert, de l'appréhender, de l'apprécier. Pour faire simple, de le vivre. Je dois d'abord vous avouer que je n'ai pas beaucoup de concerts à mon actif, mais ils étaient tous énormes à mes yeux. Tout ça pour mieux vous faire sentir que quand je dis que celui-ci était probablement le meilleur de ma vie, c'est vraiment, vraiment sincère.
7 octobre 2009.
14h50. Le discours passionné de mon prof de Culture latine est légèrement brouillé par la vision imaginaire d'une file qui s'agrandit devant l'Elysée Montmartre - et qui s'agrandit sans moi. Autant vous dire qu'à cet instant je préfèrerais de loin faire un bain de foule Boulevard Rochechouard plutôt que d'être dans cet amphi poussièreux (et si vous me connaissez, vous saurez que je HAIS la foule.) 15h, je cours hors de la fac, retrouve Léa au passage, chante The Way You Make Me Feel sur le quai. Jamais sans MJ. Je vous passe le métro, le saut à mon appartement, la marche hâtive jusqu'à la salle.
16h. A la découverte du public, l'excitation change. Le look fortement emo-goth-visual key des fans nous refroidit. On se sent bizarrement en décalage, avec nos t-shirts unis et nos jeans. Léa réussit malgré tout à croiser 206 hommes/femmes de sa vie, et moi quelques uns, aussi, je dois le reconnaitre. On rejoint tranquillement la file, rien ne presse, de toute façon la salle est petite, tout ira bien. Dégustation de falafels assises sur les trottoirs dégueulasses et soudain, l'envie de dessiner me prends. Léa se lance dans une expédition à la recherche d'un bloc, revient bredouille, et je finis par retourner chez moi pour ramener le mien. La suite et fin de l'attente à l'extérieure se font sans encombre, le temps passe relativement vite, et on se rapproche progressivement de l'entrée sans même s'en rendre compte. Arrivées aux portes, nos billets sont validés, l'appareil photo confisqué (dur) et on entre dans la salle dans le calme, du jamais vu. Ni course ni rappel à l'ordre des vigiles, on peut dire que ça commence bien.
18h45. Il fait chaud, très chaud dans cette salle. Des "MIYAVI MIYAVI MIYAVI" retentissent régulièrement, les gens s'exitent dès qu'un technicien traverse la scène. Alors que la première partie devrait déjà être commencée, on attend encore, et on finit par sympathiser avec deux mangakas yaoistes diaboliques aussi effrayantes que nous. On fait passer le temps à coup de plaisanteries, ponctuées d'un ou deux fou-rires, de "NAOKI NAOKI" et autres "NATSUMI JE T'AIME". Je sautille sur place, mon dos est douloureux et l'attente devient difficile à supporter. Je lorgne le micro et réalise que bientôt, Miyavi va être juste derrière, là, vraiment tout près de nous.
19h30 (officiellement 19h sur le papier, mais Miyavi aime se faire désirer) Il débarque. Explosif. On a à peine de temps de capter qu'il est arrivé, il prend sa guitare, crie un coup histoire d'être sûr qu'on est bien tous là, et c'est parti.
Les titres s'enchainent, Boom Hah Boom Hah Hah, 21st century Tokyo Blues, What's my name ("What's my name ? What's my name ? WHAT'S MY FUCKING NAME ?"), Please Please Please. Au bout de deux chansons, il fait tomber la veste. Tu m'étonnes. Je n'ai jamais autant transpiré de ma vie. Mon tee-shirt est gris foncé au lieu de gris clair, mon pantalon colle à mes jambes. Dès qu'il tourne la tête, les cheveux de Miyavi projettent une pluie de sueur autour de lui. Sexy. Petit déhanché, tee-shirt soulevé pour bien montrer son ventre plat "Aaah, it's hooot, no ?" Et en plus de chanter comme un fou, de bouger comme un damné, et de jouer comme un Dieu, il nous parle, et il nous parle même beaucoup. Oui, pendant les pauses, Miyavi raconte sa vie. Il nous parle de sa fille, qu'il espère au lit à l'heure qu'il est, il nous parle de sa "girl", il nous parle de sa carrière. Il nous dit qu'il reviendra, tant qu'on continuera à l'appeler Miyavi. Ok, pas de soucis, ce nom sonne bien dans ma bouche. Un peu de douceur avec We Love U (Sekai wa Kimi wa Aishiteru), tout le monde se tient la main, c'est beau.
21h45. A la sortie, des mecs tentent de nous vendre des posters "collector dédicacés avec des photos des deux côtés" à 5€. Il y a foule, pas mal de parents qui attendent leurs enfants (un bonnombre n'étant pas majeurs, pas si étonnant) et on décide d'aller boire un verre avec Marine et Marion, les mangakas précédemment citées. On enchaîne sur un Mcdo, avant de se décider à rentrer. Arrivées chez moi, la douche s'impose, puis on sort le matelas (dure épreuve après tant d'efforts) puis les croquis d'IH. Soirée très peu productive, trop de fatigue, mais ça n'a pas d'importance.
Miyavi, putain, c'était vraiment un truc de malade.
Sources : Photo 1, 2, 3 Nautiljon.com
Photo 4, 5 et vidéo Myspace de Miyavi
