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Coup de coeur

Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /Nov /2009 09:21



Il y a plusieurs façons d'aborder un concert, de l'appréhender, de l'apprécier. Pour faire simple, de le vivre. Je dois d'abord vous avouer que je n'ai pas beaucoup de concerts à mon actif, mais ils étaient tous énormes à mes yeux. Tout ça pour mieux vous faire sentir que quand je dis que celui-ci était probablement le meilleur de ma vie, c'est vraiment, vraiment sincère.


7 octobre 2009.

14h50. Le discours passionné de mon prof de Culture latine est légèrement brouillé par la vision imaginaire d'une file qui s'agrandit devant l'Elysée Montmartre - et qui s'agrandit sans moi. Autant vous dire qu'à cet instant je préfèrerais de loin faire un bain de foule Boulevard Rochechouard plutôt que d'être dans cet amphi poussièreux (et si vous me connaissez, vous saurez que je HAIS la foule.) 15h, je cours hors de la fac, retrouve Léa au passage, chante The Way You Make Me Feel sur le quai. Jamais sans MJ. Je vous passe le métro, le saut à mon appartement, la marche hâtive jusqu'à la salle.

16h. A la découverte du public, l'excitation change. Le look fortement emo-goth-visual key des fans nous refroidit. On se sent bizarrement en décalage, avec nos t-shirts unis et nos jeans. Léa réussit malgré tout à croiser 206 hommes/femmes de sa vie, et moi quelques uns, aussi, je dois le reconnaitre. On rejoint tranquillement la file, rien ne presse, de toute façon la salle est petite, tout ira bien. Dégustation de falafels assises sur les trottoirs dégueulasses et soudain, l'envie de dessiner me prends. Léa se lance dans une expédition à la recherche d'un bloc, revient bredouille, et je finis par retourner chez moi pour ramener le mien. La suite et fin de l'attente à l'extérieure se font sans encombre, le temps passe relativement vite, et on se rapproche progressivement de l'entrée sans même s'en rendre compte. Arrivées aux portes, nos billets sont validés, l'appareil photo confisqué (dur) et on entre dans la salle dans le calme, du jamais vu. Ni course ni rappel à l'ordre des vigiles, on peut dire que ça commence bien.

18h45. Il fait chaud, très chaud dans cette salle. Des "MIYAVI MIYAVI MIYAVI" retentissent régulièrement, les gens s'exitent dès qu'un technicien traverse la scène. Alors que la première partie devrait déjà être commencée, on attend encore, et on finit par sympathiser avec deux mangakas yaoistes diaboliques aussi effrayantes que nous. On fait passer le temps à coup de plaisanteries, ponctuées d'un ou deux fou-rires, de "NAOKI NAOKI" et autres "NATSUMI JE T'AIME". Je sautille sur place, mon dos est douloureux et l'attente devient difficile à supporter. Je lorgne le micro et réalise que bientôt, Miyavi va être juste derrière, là, vraiment tout près de nous.

19h30 (officiellement 19h sur le papier, mais Miyavi aime se faire désirer) Il débarque. Explosif. On a à peine de temps de capter qu'il est arrivé, il prend sa guitare, crie un coup histoire d'être sûr qu'on est bien tous là, et c'est parti.



               



Je ne connais pas toute la discrographie de Miyavi. Ce concert, j'y suis venue à l'arrache, en me disant "je kiffe ce qu'il fait, dans l'ensemble, ça devrait bien se passer". Mais ça a dépassé tout ce que je pouvais imaginer. Ce mec est une brute. Ou un génie, comme vous voulez. Il vous balance une chanson comme ça, sans préavis, il vous prend par le col et vous fout la tête dedans, à peine le temps de respirer. Rock'n Roll Is Not Dead, Miyavi nous l'a prouvé.
Les titres s'enchainent, Boom Hah Boom Hah Hah, 21st century Tokyo Blues, What's my name ("What's my name ? What's my name ? WHAT'S MY FUCKING NAME ?"), Please Please Please. Au bout de deux chansons, il fait tomber la veste. Tu m'étonnes. Je n'ai jamais autant transpiré de ma vie. Mon tee-shirt est gris foncé au lieu de gris clair, mon pantalon colle à mes jambes. Dès qu'il tourne la tête, les cheveux de Miyavi projettent une pluie de sueur autour de lui. Sexy. Petit déhanché, tee-shirt soulevé pour bien montrer son ventre plat "Aaah, it's hooot, no ?" Et en plus de chanter comme un fou, de bouger comme un damné, et de jouer comme un Dieu, il nous parle, et il nous parle même beaucoup. Oui, pendant les pauses, Miyavi raconte sa vie. Il nous parle de sa fille, qu'il espère au lit à l'heure qu'il est, il nous parle de sa "girl", il nous parle de sa carrière. Il nous dit qu'il reviendra, tant qu'on continuera à l'appeler Miyavi. Ok, pas de soucis, ce nom sonne bien dans ma bouche. Un peu de douceur avec We Love U (Sekai wa Kimi wa Aishiteru), tout le monde se tient la main, c'est beau.






       

20h30. A la moitié du concert, Miyavi s'eclipse. Trucs habituels, cris, acclamations, on en redemande, évidemment. Son retour est encore plus fort, il est survolté, court partout, se frotte à sa guitare, la lèche. Il se jète presque dans le public et les premiers rangs doivent le soutenir. Il a dû prendre un truc dans les coulisses. Il a troqué le débardeur moulant avec un tee-shirt à manche longue à moitié transparant, on ne sait pas trop, bariolé, bizarrement coupé. En tout cas, plus il fait chaud, plus il s'habille. Plus logique tu meurs. Personnellement, je commence à fatiguer. Léa n'a pas l'air dans un meilleur état. Seule l'excitation nous garde en forme. On continue à crier, en cherchant des octaves plus accessibles pour nos voix déchirées. On épuise nos dernières ressources dans le rappel, Miyavi se déchaîne une dernière fois, puis salue, remercie, et disparaît. Classe.

21h45.  A la sortie, des mecs tentent de nous vendre des posters "collector dédicacés avec des photos des deux côtés" à 5€. Il y a foule, pas mal de parents qui attendent leurs enfants (un bonnombre n'étant pas majeurs, pas si étonnant) et on décide d'aller boire un verre avec Marine et Marion, les mangakas précédemment citées. On enchaîne sur un Mcdo, avant de se décider à rentrer. Arrivées chez moi, la douche s'impose, puis on sort le matelas (dure épreuve après tant d'efforts) puis les croquis d'IH. Soirée très peu productive, trop de fatigue, mais ça n'a pas d'importance.

Miyavi, putain, c'était vraiment un truc de malade.





Flo D.


Sources : Photo 1, 2, 3 Nautiljon.com
Photo 4, 5 et vidéo Myspace de Miyavi
Par Intrepid Hunters - Publié dans : Coup de coeur
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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /Fév /2010 23:17
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Quand on s'appelle Bilal (patronyme d'origine turque), qu'on naît d'un père bosniaque et d'une mère slovaque en Yougoslavie, il y a matière à écrire. Bon, d'accord, Enes (véritable prénom de Enki Bilal) n'est certainement pas le seul à être dans ce genre de situation ethnique, et ce n'est pas seulement pour ces raisons qu'il est devenu un immense illustrateur, mais ça aide, quand même. C'est dans les conflits qu'a traversé son pays qu'il puise les sujets de ses bandes dessinées, les projetant le plus souvent dans un paysage futuriste, post-apocalyptique, bourré de voitures volantes, de technologies inconnues et de dictateurs malveillants. Bien sûr, nous occidentaux n'avons pas la même conception de l'Etat, de la politique, de la guerre que les européens de l'Est. Nous, la guerre, on la lit dans les manuels d'école et, accessoirement, plus tard, dans les romans. Mais c'est loin de nous, tout ça, et Enki Bilal le dit bien : « La différence entre un dessinateur né en France et moi, c'est que j'ai débarqué ici en 1961, avec un bagage de souvenirs et d'expériences très exotiques. Le régime communiste de Tito, au sein même du monde communiste fonctionnait comme une chose un peu à part. Le fait de vivre dans un pays non aligné, puis d'être brutalement déplacé, cela a donné à l'enfant que j'étais une matière infiniment différente de celle d'un enfant né dans une démocratie tranquille à la française. » (propos empruntés à son site officiel)
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On est d'accord, les sujets dont Enki Bilal traite dans son oeuvre ne sont pas aisément accessibles. Il y a un lourd bagage historico-politico-culturel et c'est certainement pour ça qu'on y trouve autant de relief. C'est comme si les dessins s'hérissaient en même temps que les bombes, saignaient en même temps que les personnages toujours aussi colorés, chaque fois en quête de quelque chose, surtout d'amour. Enki Bilal donne aux femmes comme aux hommes des lèvres dessinées, des yeux profonds, des mains usées, presque calleuses. Les personnages sont chauves, ou leurs cheveux sont bleus, verts, rouges, les hommes se maquillent, mais  ce maquillage semble obsolète, ajoute à la misère, ou à la corruption, au choix. Même le blanc est spectaculaire, chez Bilal.
Il y aurait beaucoup à dire du style de Bilal, parce que ça ne ressemble à rien de très connu. L'écriture est aussi surprenante que le dessin : les textes sont riches, ils nous racontent vraiment une histoire, ils posent vraiment les personnages et la multitude de mystères qui les entourent. Parfois, l'anglais se mélange au français. Souvent, ils sont grossiers, abruptes, il ne disent pas les choses à moitié, quoi. Ca colle au décor. Après tout, quand on a des cheveux et des larmes bleus (La Foire aux Immortels), on peut se permettre de parler franchement, non ?
L'univers d'Enki Bilal est complexe, et je pense n'en avoir goûté qu'une infime partie. Il a publié plus d'une vingtaine d'albums, parfois en collaboration avec P. Christin, et adaptera son dernier en date, Animal'z, au cinéma en 2011. Non, il ne s'arrête jamais. Et quand on voit de quoi il est capable, on ne peut s'empêcher de se dire : pourvu que ça dure.


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Enki Bilal, le site.

Flo D. (votre chroniqueuse préférée,
qui n'écrit pas souvent, mais quand elle le fait,
ça rigole pas.)
Par Intrepid Hunters - Publié dans : Coup de coeur
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Jeudi 10 juin 2010 4 10 /06 /Juin /2010 15:19

 

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Vous mourrez d'envie de savoir ce qu'on peut bien faire le dimanche matin, pas vrai ? Des filles comme nous, aussi intelligentes et inspirées et... D'accord, je me calme. Pour tout vous avouer, je suis ici pour vous parler d'une de nos activités extra-scolaires des plus passionnantes. D'accord, ça ne dure que 20 minutes, mais croyez-moi, il vaut peut-être mieux, sinon ce serait bien trop éprouvant et on n'en sortirait pas vivantes. Je tourne autour du pot, c'est agaçant, je sais, en même temps il vous suffit de lire le titre pour savoir de quoi je parle, bande de petits rigolos.

 

 

Soit. Entrons dans le vif du sujet. Fullmetal Alchemist, tout le monde connait, pas vrai ? Peut-être seulement de nom, de loin, comme ça. Bon. Tout le monde sait de quoi ça parle, des gosses téméraires, blonds tous les deux, des surdoués de l'alchimie qui ont fait la bêtise de vouloir réveiller les morts. Déjà, en soi, l'idée déchire un peu sa race.


Le premier épisode de Fullmetal commence par cette phrase :


« L'alchimie est une science où l'on doit comprendre la structure de la matière, la décomposer, pour ensuite la remodeler. Correctement utilisée, elle peut transformer le simple plomb en or. »


Jusque là, rien de plus simple. Tous ceux qui ont lu L'Alchimiste de Coelho connaissent ce principe. Ceux qui ont lu Harry Potter aussi, d'ailleurs. En fait, tout repose sur un caillou. La pierre philosophale, ça vous dit quelque chose ? Il faut dire qu'avec les facultés qu'elle promet, tout le monde rêverait de la posséder : non seulement la richesse, mais aussi l'immortalité. Dément. Ce sera la quête des frères Elric, deux alchimistes de quatorze et quinze ans au service de l'état, tout au long de cette histoire.

 

« On ne peut créer un objet d'une certaine masse qu'à partir d'un objet d'une masse équivalente. C'est le principe de l'équivalence. »


Voilà la règle fondamentale de l'alchimie, dont découle son plus grand tabou : la transmutation humaine. Mais lorsqu'on a dix ans et qu'on vient de perdre sa mère, aucune interdiction n'est assez forte pour nous arrêter. Ce qu'Edward et Alphonse Elric ne savent pas, c'est qu'en tentant de ramener les morts à la vie, ils le paieront de leur corps. Tout leurs espoirs se tourneront alors vers la pierre philosophale, car elle seule est capable de les soigner.


Et ça, bien sûr, ce n'est que le début.


Mais au fait, pourquoi "Brotherhood" ? Ça, c'est plutôt une histoire de rigueur. En effet, Fullmetal Alchemist est l'adaptation (comme tout animé qui se respecte) du manga papier du même nom. Seulement, il n'y a que les 4 premier épisodes qui concordent avec le manga original. C'est pourquoi une nouvelle version a été créée, Fullmetal Alchemist : Brotherhood, avec la vrai histoire, les vrais personnages, et de vrais dessins (non parce que, il faut bien dire que le précédent animé n'était pas éblouissant par sa qualité). Si la rumeur se confirme, le dernier épisode sera le numéro 63. En clair, il ne reste plus que trois épisodes inédits. Et tout est là. L'intrigue, les personnages, avec en plus, évidemment, les voix et les musiques. C'est époustouflant. Pire, c'est ahurissant. Les dessins sont magnifiques, les doublages absolument géniaux. Rien à redire, cette nouvelle version n'aurait pas pu être plus proche de la perfection.


Après ce long discours, je pense que la meilleure chose pour moi et de me taire et de partager avec vous l'opening des premiers épisodes, en espérant vous avoir assez tenté pour que vous partagiez avec nous l'immense plaisir de regarder cet animé.

 

 

 

Flo D., avec tout mon amour.
(Ahahahahah...hahah..aaaah...Hum.)
Par Intrepid Hunters - Publié dans : Coup de coeur
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